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Je me répute heureux, pour avoir emporté de [Jean GODARD]
Je meurs, ô doux baisers, et sens dedans mon âme de [ Christofle de BEAUJEU]
Je n'ai jamais pensé que cette voûte ronde de [Joachim DU BELLAY]
Je n'escris point d'amour, n'estant point amoureux de [Joachim DU BELLAY]
Je ne commis jamais fraude ni maléfice de [Joachim DU BELLAY]
Je ne découvre ici les mystères sacrés de [Joachim DU BELLAY]
Je ne refuse point qu'en si belle jeunesse de [Philippe DESPORTES]
Je ne sais à quoi vous pensez de [Jean GODARD]
Je ne sais plus, je ne veux plus de [Marceline DESBORDES-VALMORE]
Je ne suis pas de ceux qui robent la louange de [Joachim DU BELLAY]
Je ne suis plus celui qui sous l'ombre plaisante de [ Christofle de BEAUJEU]
Je ne te conterai de Bologne et Venise de [Joachim DU BELLAY]
Je ne veux feuilleter les exemplaires Grecs de [Joachim DU BELLAY]
Je ne veux point fouiller au sein de la nature de [Joachim DU BELLAY]
Je ne vous ferai pas de vers de [Charles CROS]
Je n'ai pas oublié, voisine de la ville de [ Charles BAUDELAIRE]
Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre de [ Charles BAUDELAIRE]
Je ressemble en aimant au valeureux Persée de [Philippe DESPORTES]
Je sais faire des vers perpétuels de [Charles CROS]
Je sais, quand le midi leur fait désirer l'ombre de [André CHÉNIER]
Je sens bannir ma peur et le mal que j'endure de [Théodore Agrippa d AUBIGNÉ]
Je sens déjà saillir de toute fosse obscure de [Flaminio de BIRAGUE]
Je suis un pâle enfant du vieux Paris... de [François COPPÉE]
Je te donne ces vers... de [ Charles BAUDELAIRE]
Je te vends ma vache de [ANONYME]
Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne de [ Charles BAUDELAIRE]
Je vis haut élevé sur colonnes d'ivoire de [Joachim DU BELLAY]
Je vis l'oiseau qui le soleil contemple de [Joachim DU BELLAY]
Je vis sourdre d'un roc une vive fontaine de [Joachim DU BELLAY]
Je vis un fier torrent, dont les flots écumeux de [Joachim DU BELLAY]
Je vivais sans coeur... de [ Jules BARBEY D AUREVILLY]
Je vogue sur la mer, où mon âme craintive de [Jean Ogier de GOMBAULD]
Je voudrais bien être vent quelquefois de [Etienne DURAND]
Je voudrais être ainsi comme un Penthée de [Jean GODARD]
Jean des Tilles de [Aloysius BERTRAND]
Jeune fille, ton coeur avec nous veut se taire de [André CHÉNIER]
Jeune homme de [Charles CROS]
Jeune homme irrité de [Marceline DESBORDES-VALMORE]
Jugement (1) de [Théodore Agrippa d AUBIGNÉ]
Jugement (2) de [Théodore Agrippa d AUBIGNÉ]
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Une citation au hasard
Qui chante son mal enchante.
[théodore aubanel]

Un poème au hasard

Premier amour

de Charles GILL recueil : Les étoiles filantes

I

Nous nous étions connus tout petits à l'école.
Comme son père était de mon père voisin,
Nous partions tous les deux sac au dos le matin
Nos têtes s'encadraient d'une même auréole.

Dans la rose candeur du sourire enfantin,
Nous étions bons amis. Quand les flots du Pactole
Roulaient chez l'un de nous, par hasard, une obole,
Nous divisions toujours en deux parts le festin.

Souvent, aux lendemains de mes fainéantises,
Me laissant consulter en route son devoir,
Elle sut m'épargner l'horreur du cachot noir.

Moi, je grimpais pour elle à l'arbre des cerises,
Pour elle je pillais la vigne et le pommier,
Et je la défendais comme un bon chevalier.

II

Plus tard, à l'âge d'or où dans notre poitrine
Vibre l'enchantement des frissons amoureux,
A l'âge où l'on s'égare au fond des rêves bleus,
Sans songer à demain et ce qu'il nous destine,

Sous les érables du grand parc, à la sourdine,
Nous nous cachions, loin des oreilles et des yeux,
Et, son front virginal penché sur mes cheveux,
Ensemble nous lisions le divin Lamartine.

Oui ! nous avons vécu l'âge de nos seize ans
Où le coeur entend mieux ce que la lyre exprime,
Parmi les vers d'amour frappés au coin sublime.

Oui ! nous avons connu les baisers innocents,
Sur le lac de cristal que la nacelle effleure,
Devant le livre ouvert à la page où l'on pleure.


III

Comme ils coulaient heureux ces beaux jours d'autrefois !
Comme nous nous aimions avec nos âmes blanches !
Dans les sentiers discrets émaillés de pervenches
Qu'épargnaient en passant ses brodequins étroits,

Nous allions écouter l'harmonieuse voix
Des souffles attiédis qui chantaient dans les branches ;
Nous mêlions au murmure infini des grands bois
L'écho de nos serments et de nos gaîtés franches.

Fervents du clair de lune et des soirs étoilés,
Nous allions réveiller les nénufars des plages,
Inclinant sur les flots leurs corps immaculés.

Et nous aimions unir nos riantes images
Aux scintillants reflets des milliers d'astres d'or,
Dans l'immense miroir du Saint-Laurent qui dort.

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